archive

Gabriel Ba

OrCrawn a encore créé un blog, un truc pour partager ses lectures, parce qu’OrCrawn lit énormément. Si ce blog a commencé, quelque part, c’est là faute à mon libraire. Il y a six mois, après mon premier salaire, je suis entré chez Comics Record pour reprendre un peu contact avec la bande dessinée. Ça faisait des années que je n’avais pas acheté de bande dessinée classique, et j’avais envie de me faire plaisir. 

Je suis entré, et Philippe m’a filé une bande dessinée qui m’a plongé une espèce de couteau entre les côtes. J’ai lu l’ouvrage en prenant mon temps, en me réhabituant à lire de gauche à droite. Je pense que pour commencer ce blog proprement, il faut que je vous parle de…

Day Tripper Cover

Quelque part, chacun des dix chapitres est un coup de couteau. Il s’agit d’une fin un peu brutale, un peu inattendue, servie par une nécrologie à propos. Ça tombe bien, quelque part, car la nécrologie c’est le travail du héros.

Bras de OIiva Domingos est un wannabe écrivain qui en attendant le succès, vit de rubrique nécrologique dans un quotidien de Sao Paulo. Bras vis surtout dans l’ombre de son père, écrivain à succès.

Enfin… Bras étais un wannabe écrivain avant de trouver son public, Bras rêve de devenir un écrivain comme son père quand il sera grand. On ne sait pas vraiment. Daytripper, c’est un peu l’histoire de ses différents rendez-vous (parfois ratés) avec la mort. Devant nous, à travers ses morts, Bras nous raconte sa vie d’homme dans ses étapes et sa relation avec les autres.

Daytripper-page

Daytripper, c’est l’histoire d’une danse mortelle et continue avec l’espace temps. Passé le premier chapitre, on sait parfaitement que le héros va mourir. A chaque fois. Parfois c’est beau, parfois c’est triste. Sa mort est toujours émouvante, parce qu’elle mêle des thèmes universels : la relation entre un père et un fils, l’enfance, l’amitié, l’amour, l’aventure, la jeunesse, etc. Chaque mort est l’hypothèse d’un accident de parcours à une date clé, et chaque chapitre s’ouvre comme si les accidents précédents ne s’étaient jamais produits.

Au final, nous ne vivons la vie de Bras que par ellipses, comme des touristes d’un jour (des day tripper), comme si ces dates étaient des points touristiques. Le reste n’a que peu d’importance au final.

L’histoire est servie par une mise en scène impeccable et des graphismes faciles d’accès.  Un des chapitres pourrait sortir de chez Terry Gilliam tant l’effraction du fantastique dans le réel est fort, et l’esthétiques choisie pour le récit fait osciller constamment l’ouvrage entre l’onirisme et le réalisme cru. 

Verdict : Must Read

Daytripper est une oeuvre forte qui ne laissera personne indifférente. Elle est complexe mais relativement simple d’accès. Elle est portée par des personnages puissant et des situations profondes, et la seule chose qui vous reste, après la dernière page, c’est le sentiment de vous être un peu plus rapproché de l’humanité.

Références :

Daytripper, au jour le jour
Fabio Moon et Gabriel Ba
Edition Urban Comics, collection Vertigo
2012 , 256 pages couleurs
Daytripper a reçu un Eisner Award en 2011
lors de sa prépublication chez DC comics.
Publicités
%d blogueurs aiment cette page :